20.11.09

773 - Juste en passant


La maquette "Just for des mots" est terminée -sauf qu'on ne peut pas encore l'entendre sur le blog de LoFi, dont la plateforme a déclaré forfait. Mais bon, si vous y tenez, je vous l'envoie, pour goûter.

Madame l'Educ Nat semble prête à me libérer bientôt - et sous caution, en plus. Au boulot, donc !

Demain, je serai au salon d'Ozoir-la-ferrière, avec plein de gens connus et tout. Si vous êtes dans le coin, passez donc me claquer la bise...



Ill : Quelqu'un baigne, ep

19.11.09

772 - Le mot baiser, dis-tu


Le mot baiser, dis-tu, je me souviens
D'oreillers étouffants de douceur
De ricanements
Ils baisent, baiser la gueule,
je me souviens des mots de celle
At least you can fuck
Des olympiades de la sexualité,
du petit haussement d'épaule ;

Je me souviens de tes sourcils
Froncés au mot barbare
De ta colère quand,
De nos expériences

De ton sourire, demain,
Du mot qui renferme
Ou exprime, suivant les jours,
Quelque chose comme

L'intriqué de nos corps dans la lumière.


Ill : Quelqu'un cherche, ep

17.11.09

771 - Gérons nos angoisses par l'écriture


Inspir, expir.
Inspir, expir.
Zen.

Le coeur bat comme un gosse.

C'est allé vite. Beaucoup plus vite que je ne le pensais.
Ils m'ont appelé ce matin - la principale m'a lue la lettre des parents d'élèves.
Démagogie. Déconstruction. Anarchie.
Pas de programme. Improvisation.

Voix métallique dans le téléphone. Inquiétude. Gentillesse, tout de même.

Hier, les élèves ont testé leurs capacités à se situer dans l'espace, dans le temps, dans un cours. Il a été question de niveau sonore, de prise de parole, de liberté, de démocratie.
J'ai essayé de les amener doucement à des idées littéraires, à des projets qu'ils formuleraient eux-mêmes.
Ca a très bien marché : ce matin, le rectorat veut examiner d'urgence ma demande de démission.
Jusqu'où va la liberté d'un prof ? Suis-je réellement en train de me moquer d'eux, ou est-ce que pour la première fois de ma carrière d'enseignant, je tente une expérimentation pédagogique pour que les élèves construisent eux-mêmes leur savoir ?

Je me heurte aux "il faut" ; je me laisse flatter par cette phrase entendue hier, en partant du collège, "Lui, c'est le meilleur prof du monde".
Elle appelle aussi la phrase "C'est le pire enseignant que l'on connaisse".
Je ne pense pas au Cercle des poètes disparus.

L'inquiétude du futur trace son sillon dans mon ventre - pour une moisson à venir ?

Je ne dois pas détester déranger autant que je le crois.

Un jour, je raconterai comment, il y a quelques mois, je suis allé au rectorat, confier mes inquiétudes, mes questions sur le rôle de prof, les possibilités qui s'ouvraient à moi - et comment l'entrevue, dans un bureau sous les toits, n'a rien donné. Ah bin non on ne sait pas. C'est à vous de voir.

Je suis venu. J'ai vu.
Je ne suis pas encore certain qu'il y ait de vaincu, ni de victoire.
De quel combat parlions-nous ?

Je peux enseigner à écouter, à regarder, à lire. Je peux enseigner à écrire, à poser les bases d'une pensée. À distinguer des saillies dans la masse d'informations et de stimuli que les adolescents reçoivent chaque jour (infiniment plus nombreux que ceux que j'ai pu recevoir à leur âge). Je peux enseigner l'amour des livres et des mots.

Et pourtant mes jambes tremblent un peu, dans ma posture.

Inspir. Expir.
Apprécier l'instant.

Maman, j'ai peur d'aller à l'école. Mon cartable est trop lourd, les autres sont méchants, je m'accroche à mon enfance en la bourrant de coups de poing.

Je me sens parfois capable d'enseigner le doute à une montagne.
Est-ce que je faillis à ma mission, ou est-ce que je tente de la porter au plus loin ?

Inspir. Expir.
Une belle journée commence.


Illus : Quelqu'un écrit, ep

770 - MArdi, je te raconte


Grande Nuit était noire quand Rhol quitta le village. Sur le chemin qui menait à la cabane du Shorcier, son oeil exercé détectait le relief des pierres, les racines dissimulées dans la terre et les fourrés. Il entendait, tout près de lui, les mouvements précipités des créatures nocturnes qu'il dérangeait. Une fois ou deux, il lui sembla sentir une présence sournoise et menaçante, qui rôdait dans la forêt.
Il se forca à avancer plus vite ; la peur, c'était seulement la peur qui lui faisait entendre de drôles de choses. Et la peur était l'ennemie ultime : elle vous faisait tout voir, tout croire, tout craindre. Elle s'emparait de votre esprit comme une brume maléfique, et vous poussait à commettre des erreurs.
Plus d'une fois, Rhol faillit rebrousser chemin, et retourner dans la hutte de ses parents pour s'y rendormir en tremblant ; mais le souvenir du défi, du rire stupide de Ioris, l'aiguillonait et le poussait à continuer. Il ne voulait pas qu'au matin, les autres enfants se moquent de lui.

Au bout d'un temps qu'il ne comptait plus, il se trouva devant la cabane d'Iorg le Shorcier.


Ill : Quelqu'un adore, ep

16.11.09

769 - Il faut que je fais

Il faut que je fais une préface pour la réédition du premier recueil de nouvelles d'Emmanuelle Urien, Court noir sans sucre, à paraître chez les belgiens de Quadrature en février (je crois).

Pas facile. D'autant plus que les élèves ne me laissent pas beaucoup de temps. Depuis ce matin, ils me parlent de tout - de leur vie, de la violence, du travail, des notes, de la sexualité, des pétards, de musique, de projets... C'est peut-être depuis que je leur ai annoncé, ce matin, que je comptais partir prochainement, malgré l'envie pressante de m'sieur le recteur de me voir continuer les cours au moins jusqu'à septembre.
Enrichissant, comme expérience.

Mais revenons-en à Emmanuelle Urien et à sa préface.

Je connais bien Emmanuelle Urien.
Elle est noire, parfois. Tragique, même.
Sa respiration...

Non, ça ne marche pas.

Je connais un peu ses nouvelles. Elles me font pleurer.
Je pleure pour Mélanie Bix, et pour cette infirmière qui l'accompagne et attire nos coeurs vers elle ; je pleurerais, aussi, ne serait-ce la colère, pour cette autre infirmière qui tient entre ses mains le pouvoir de justice, le droit - ou le devoir ? - de remettre de l'ordre, du sens dans un monde dévoré par la guerre et les mouches.
J'ai pleuré pour cet homme qui ne rentrera jamais de guerre.
J'ai souri des larmes tristes pour ce chauffeur de taxi magnifique, qui offre son coeur à tous ses passagers, j'ai...

Non, ça ne marche pas.


Personne ne peut lire Emmanuelle Urien sans mourir - au moins une petite fois.

Mourir avec Mélanie Bix, avec son infirmière ; avec cette autre infirmière, perdue dans les guerres Rwandaises ; avec Tonio, ce chauffeur de taxi qui fait admirer le monde.

Mourir, encore, à regarder une boîte qui contient la promesse inutile d'un monde.

Personne ne peut lire Court, noir, sans sucre, sans aimer - au moins une grande fois.

Aimer la douce humanité, la cruauté tendre qui s'évapore de chaque nouvelle. Aimer croire, vouloir encore même quand la fin a sonné - nous a sonnés.

Chaque histoire de ce recueil est un combat - un combat contre une conteuse redoutable, dangereuse par sa douceur même, sa douceur aigüe et amère ; un combat contre une narration qui vous tient à distance, danse devant vos yeux, avant de vous asséner le coup de grâce.

Si les gens de Quadratures rééditent ce livre, ce n'est pas seulement qu'une solide histoire d'amitié les lient depuis le deuxième recueil d'Emmanuelle, Toute humanité mise à part ; c'est aussi pour poursuivre le travail que, depuis X ans, ils accomplissent sur la nouvelle, ce genre si particulier, entre poésie, court métrage, théâtre et roman - ce genre qui, selon H. Kirnell, "mieux que tout autre restitue les bribes de nos âme et l'étrangeté de nos vies".

Depuis ce recueil, écrit entre 2003 et 2006, Emmanuelle Urien a écrit d'autres nouvelles ainsi que des romans,
chansons et pièces de théâtre ; elle chante, danse et peint, en artiste marathonienne qui ne s'est donné qu'un objectif : écrire pour nous dire.



Ca pourrait faire, je crois.

14.11.09

768 - La Teigne


Voilà longtemps que j'ai parlé dans ces colonnes du fabuleux groupe de La Teigne, cet octuor/neufuor de blues/rock/ragga/tango dont auquel je tiens la basse dedans (même que parfois ils me laissent toucher les cordes) depuis quelques années.

C'est d'autant plus regrettable que, d'une part, on continue à prendre du bon temps, avec les fameures répètes/gueuleton du lundi, quelques concerts plus ou moins improvisés aux résultats toujours surprenants, et, toujours, des discussions philosophico-syndicalos-libertaires de haut vol ; et d'autant plus regrettable, d'autre part, parce qu'en tant que président du bordel (car La Teigne, par choix assumé, est un groupe associatif), je me dois pour le grand raoût annuel de ce soir de pondre un bilan d'activité annuelle.

Alors bin.

Parlons musique, d'abord. Chassée d'un lieu de répète à l'autre, La Teigne connaît quelques problèmes de matériel et d'installation : que celui qui n'a jamais fini une répète avec les oreilles en sang me jette la première pierre. Il y a eu de nombreux soirs où les post-discussions ressemblaient à ça :
- QU'EST-CE QUE TU DIS ?
- JE DIS : PAS MAL, CE NOUVEAU MORCEAU EN FA, FA, SOL, RE !
- FA FA SOL RE ? MERDE, MOI JE JOUAIS SI DIESE LA BEMOL DOUBLE CROCHE !
- JE T'AI PAS ENTENDU !
- MOI NON PLUS.

C'est, disons-le, un problème. Ou plutôt : un bon nombre de solutions à découvrir.
Côté chansons, si nous avons une quinzaine de titres à notre actif, on ne peut pas dire que l'année ait été marquée par des compositions majeures ; et comme nous avions un peu la flemme de rebosser tout notre répertoire en passant trois heures sur deux mesures, nous avons fait... du boeuf. Du bon, du gras, du saignant. Quelques enregistrements en témoignent - nous avons poussé l'art du son "garage" dans ses retranchements ultimes.

Il y eut cette année quelques concerts, où nous avons, en vrac :
- fait danser des punks à chiens sur du Michel Sardou (avec un saxophoniste) ;
- participé à un group contest (avec Maka) dans un préfabriqué autour du vin blanc d'un départ en retraite ;
- joué sous un chapiteau, un premier mai pluvieux, en défiant les lois de l'électricité et de la sonorisation.

Ce qui fait globalement peu, me direz-vous, surtout quand l'objectif affiché était de conquérir le monde avec notre album précédent, "Toutes griffes dehors".
Ceci dit, question conquestation de la planète, les membres du groupe ont bel et bien fait des pas de géants.
C'est ainsi que Cap'tain Bob, dit Brock (ou Schnok ?) guitariste émérite au sourire éternel, a pris la mer (on espère qu'il la rendra dans l'état où il aurait aimé la trouver en arrivant) depuis un port qu'on associe traditionnellement à Brassens ; il est en train de devenir capitaine d'industrie, et pense créer une plateforme culturelle libertaire offshore dans les prochains mois.
Caillou, dit Schnok (ou Brock), a lui aussi conquéri le monde - le Nouveau monde, en s'envolant directement pour New-York - où, entre autres choses, il a parlé espagnol et réalisé des photos battantes (oui, battantes, je sais ça ne veut rien dire, mais "palpitantes" c'est éculé, et puis il faut voir/entendre le montage qu'il a réalisé avec Giles-le-batteur - bientôt sur le Net ?).
Giles. Difficile de parler de Giles, notre batteur taiseux. Lui aussi, je crois a conquis le monde. Ou plutôt, a dû s'ouvrir un nouvel espace - à cause que la vie, des fois, elle est comme ça. Je n'en dirai pas plus, pour respecter sa taisitude. En tout cas, il reste le roi du flan breton et de la double croche envolée.
Une qui a conquis le monde, aussi, c'est la Zelila. Elle a choisi pour cela la voie de la peluche : devenue industrielle, elle inonde les marchés de ses jouets/créations. C'est un succès - au point qu'elle n'a plus le temps de venir chorister avec nous. On garde sa place au chaud, pour les jours où.
Ensuite, il faudrait que je parle de Michel et de Virginie. Deux paragraphes, évidemment. Sauf que.
Sauf que Virginie et Michel, en plus de leurs spectacles, sont partis à la conquête de l'univers en se basant sur la fameuse formule mathématique 1+1=1. Une petite artiste est donc attendue dans les prochaines semaines ; en tant que président, je propose de la faire membre d'honneur et à vie de la Teigne.
Reste Emmanuelle, choriste, partie à la conquête de sa propre voix - dont je ne dis pas plus pour ne pas qu'on m'accuse de partialité. Et moi, qui avec ces mots met un terme à son année de présidence (parce que bon, un président sur talonnettes marié à une beauté pleine de talent, à mon avis faut que ça ne fasse pas plus d'un an de quinquennat).

Voilà. La Teigne, ce sont des gens, des rêves, des projets, et quelques chansons ; la Teigne, c'est un an de plus, et un nouvel an qui démarre.
Et la Teigne ne serait pas tout à fait complète sans ceux qui nous accueillent ce soir : Véro (qui a récupéré sa main droite agressée par une visseuse) et Teuf (qui en ce moment construit moins de maisons et davantage de poèmes) - et que l'on remercie pour être là.

Fin du bilan présidentiel ; 'a boire un coup ?

13.11.09

767 - Vendredi, c'est musique


(Comment ça il manque un mot dans le post de MArdi ? Ah zut...)

Suite des aventures d'un couple mal parti,

E(u)x sur "Tempête dans un encrier",

Mais aussi de la musique et de la gaieté,

Grizzly Sisters : Grizzlies do it hairy

...


Ill : Quelqu'un émerge, ep

12.11.09

766 - Grizzly sisters' video

video


3 mains, 3 voix,
1 soir


avec Marie "Grizzly sister" Lamarche et Emmanuelle Urien.

10.11.09

765. MArdi, je te raconte


Non. Pas ça.
Peut-être qu'Esag savait, ou qu'il aurait su, raconter les histoires ; mais ce n'était pas la question - ce n'était pas ça qui lui ramènerait, ou lui ferait retrouver, son fils.
Sous son crâne épais de Zom, Esag se mit à penser. Il n'avait pas l'habitude.
Ca faisait un léger bruit, comme du vent dans des feuilles.

Voyons. Tout avait commencé...
Tout avait commencé quand Rahoul avait joué avec la pléïstéchione.

Et dans le cerveau primitif d'Esag, la petite voix de Rahoul résonnait en écho
Tu ne joues jamais avec moi... tu veux jouer aux Laid Go avec moi ? Dis, papa, si on jouait au Laid Go ?

Le laid go. C'était une activité étrange - il s'agissait d'empiler des trucs, comme ça, en faisant un machin, là, par-dessus, pour construire, à la fin, un... Des années auparavant, bien avant Rahoul, Esag avait su y jouer. Mais un jour, un Zomprêtre lui avait dit qu'il fallait se débarrasser de laid go. Que c'était une source d'illusion, un truc dangereux, etc. Que le JEu en lui-même était à proscrire, qu'il ne valait pas l'achandelle*.

Et peu à peu Esag avait perdu le goût du JEu.

Une secousse parcourut son visage crispé. Esag sourit presque.
Et si c'était ça, le commencement ?

Il se leva et saisit dans ses mains la pléïstéchione tremblante. Ecailles rouges, écailles vertes, mais comment ça marchait, ce truc ?
Il appuya au hasard sur une écaille.
Et.




Rhol Issagfil se tenait debout dans la lumière du matin. À ses pieds s'étendait une longue étendue de terre ocre, pareille à du sable, battue par les vents d'outreroît. Soleil rouge était déjà levé ; Soleil blanc le rejoindrait bientôt, et les deux astres recommenceraient leur course éternelle dans le ciel d'Uberwörld.
À cette pensée, Rhol sentit son coeur se serrer. La voix d'Iorg, le vieil aveugle du village, résonnait encore dans sa tête.
- Tu dois partir, mon garçon. Tu dois partir dès ce soir ; demain, il sera trop tard. Les temps sont venus. La prophétie va se réaliser.
La prophétie. Au fond, il pouvait s'agir d'une simple légende. Dans le village, d'ailleurs, nombreux étaient ceux qui prenaient Iorg pour un vieux fou. Ils se gardaient pourtant de formuler ces pensées à voix haute ; car l'aveugle était aussi le Shorcier du clan, et beaucoup le craignaient.
Rhol, lui, n'en avait jamais eu peur. Il devait avoir quatre ou cinq ans à peine quand, à la suite d'un pari, il s'était approché pour la première fois de la cabane de l'ermite, à l'écart du village. Le groupe d'enfants avec lequel il jouait aimait à se lancer des défis.
-
Urghu n'est pas capable jusqu'en haut du vieil arbre !
- Colinsor a peur d'aller voler un pain dans la hutte du chef !
Le clan des Zaëms tolérait, voire encourageait, ces jeux ; pour ce peuple de la forêt, l'adresse, la ruse et le courage représentaient des valeurs de premier plan. Les cérémonies d'initiation des adolescents comportaient presque toujours des épreuves de vol, d'espionnage ou de mensonge. Les autres peuples considéraient souvent les Zaëms avec méfiance, les traitaient d'escros et de fourbes ; on les surnommait parfois "le peuple des Endormeurs". discrétion en faisaient des alliés recherchés. Néanmoins, leurs talents de stratèges, leur habileté à traiter les situations les plus complexes et leur dans toutes les situations périlleuses, comme lorsque des guerres de clans menaçaient.
À quatre ans, Rhol Issagsfil témoignait déjà, à un dégré remarquable, des qualités tant prisées de son clan. Aussi ses camarades s'ingéniaient-ils à lui lancer les défis les plus dangereux, les plus spectaculaires. Et Rhol les relevait sans peur apparente. Il n'aurait jamais avoué qu'au contraire, la peur ne quittait guère son ventre quand il accomplissait les missions dont ses amis le chargeaient.
Ceux-ci, ce jour-là, s'étaient ingéniés à trouver un défi irréalisable pour Rhol. Ils avaient longuement exploré les bois et les falaises autour du campement, rôdé autour des huttes et des prés cultivés, à la recherche d'une tâche qui aurait mis à mal les capacités de leur camarade. Il leur avait fallu attendre le coucher de Soleil Blanc pour que l'un d'eux, le grand Ioris, ait enfin une idée.
-
Rhol n'oserait pas entrer dans la hutte d'Iorg l'aveugle ! Rhol est un lâche !
Ioris avait ri, d'un rire méchant qui découvrait ses vilaines dents jaunes ; les autres avaient ri avec lui - il valait toujours mieux rire avec Ioris, même si ses plaisanteries étaient souvent mauvaises et mal racontées, car il lui arrivait de se montrer violent avec ses camarades, tous plus petits et moins forts que lui.
Rhol avait cligné des yeux. Bien sûr que la hutte d'Iorg l'effrayait ; et bien sûr que tout le village la considérait comme un sanctuaire. Mais le défi était lancé, et tout son être se révoltait à l'idée d'avouer sa peur. Alors, d'une voix claire, il avait lancé :
- Rhol osera entrer dans la hutte d'Iorg le Shorcier ; et cela, après le coucher de Soleil rouge. Rhol volera même quelque chose pour prouver qu'il est courageux comme le cerf et rusé comme le loir."
Et la troupe des enfants avait attendu le coucher de Soleil rouge.






(*Note : achandelle : petite construction en bois dans laquelle les Zoms aimaient parfois à s'isoler)


Illus : Quelqu'un découvre, ep